Il y a trois ans, il nous faisait la taquinerie, sortir avec les poissons volants de nuit, voir le jour une nuit du matin, coiffé et princier dans son petit duvet vénitien, le premier avril.
Et déjà c’est un petit machin bouclé et rieur qui gribouille sa poésie autour de nous, qui chante à tue-tête des berceuses rythmées et saccadées de mots drôles, qui dit à sa soeur qu’il l’aime et qu’il n’a pas besoin qu’elle pleure, à son poupon que « tu sais Victor, quand on est tellement triste, on aime les couchers de soleil », à sa maman que c’est une reine, et à son papa que ok c’est le roi mais des fois il voudrait bien lui aussi, être le roi.
Pour son grand jour, les petites et grandes mains parentes se sont activées pour installer un tipi-joli inspiré du livre de Mélanie Voituriez et cousu dans la belle popeline de France-Duval Stalla.
Et dedans il y avait des cadeaux (un petit moment de confusion au réveil lui a fait croire que c’était à nouveau l’oeuvre du père Noël, ou des cloches).
Cadeaux de mailles, une couverture Elmer, blanquette d’éléphant et son histoire, pas tout à fait terminée mais tout de même emballée (je m’attaque à la bordure et vous la montrerai plus tard), et une cape-châle de chef indien, ou super-héros selon l’humeur :
en Drops alpaca plus bleu que le bleu de ses yeux et doux, doux.
Voilà, pour la suite de l’histoire on a bien soufflé, bien chocolaté, bien ri :

Fête
Dans les grandes eaux de ma mère
je suis né (au printemps)
une nuit (d’avril)
Des mois avant
en plein (été)
il y a eu
un feu d’artifice entre mes parents
c’était le soleil de la vie
et moi déjà j’étais dedans
Ils m’ont versé le sang dans le corps
c’était le vin d’une source
et pas celui d’une cave
Et moi aussi un jour
Comme eux je m’en irai
Jacques Prévert