Chronopensées

Les jours sans heures des premiers temps m’ont fait oublier l’anniversaire. Vite rappelée à l’ordre par les pourtant encore petits pieds qui ne rentrent déjà plus dans les chaussons, les petits poignets qui débordent des manches, les cheveux qui s’éparpillent autour d’une petite tête croissante, les bodies sur lesquels on tire avec espoir de retourner un peu vers la naissance…

Un mois déjà pour la colibriette. Un mois de tours de magie de prières d’enchantements de grandes découvertes par ces petites mains virevoltantes.

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Et

Un an ici, dans ce petit coin de verdure imaginaire.

Vous remercier pour vos visites, petits pas discrets qui font vivre cet endroit et me touchent toujours beaucoup.

Un joli poème-chanson pour fêter tout ça :

Saturne
 
Il est morne, il est taciturne,
Il préside aux choses du temps,
Il porte un joli nom, « Saturne »,
Mais c’est un dieu fort inquiétant.
 
En allant son chemin morose,
Pour se désennuyer un peu,
Il joue à bousculer les roses,
Le temps tue le temps comme il peut.
 
Cette saison, c’est toi, ma belle,
Qui as fait les frais de son jeu,
Toi qui a payé la gabelle,
Un grain de sel dans tes cheveux.
 
C’est pas vilain, les fleurs d’automne,
Et tous les poètes l’ont dit.
Je te regarde et je te donne
Mon billet qu’ils n’ont pas menti.
 
Viens encore, viens ma favorite,
Descendons ensemble au jardin,
Viens effeuiller la marguerite
De l’été de la Saint-Martin.
 
Je sais par coeur toutes tes grâces
Et, pour me les faire oublier,
Il faudra que Saturne en fasse
Des tours d’horloge de sablier!
Et la petite pisseuse d’en face
Peut bien aller se rhabiller.
 
Georges Brassens
 
 
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Névé

DE  NATURA  RERUM
 
Lucrèce le savait :
Ouvre le coffre,
Tu verras, il est plein de neige
Qui tourbillonne.
 
Et parfois deux flocons
Se rencontrent, s’unissent,
Ou bien l’un se détourne, gracieusement
Dans son peu de mort.
 
D’où vient qu’il fasse clair
Dans quelques mots
Quand l’un n’est que la nuit,
L’autre, qu’un rêve?
 
D’où viennent ces deux ombres
Qui vont, riant,
Et l’une emmitouflée
D’une laine rouge?
          
Yves Bonnefoy, in Début et Fin de la Neige

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Petite robe très douce imaginée autour d’une grande torsade centrale sur la jupe, que j’ai pris à l’envers comme le jersey qui l’entoure pour voir le ciel autrement, et les flocons tomber.

Avancée à l’aveuglette, de haut en bas, avec des petits raglans tout simple. Un col V arrondi mais profond pour passer les petites têtes lourdes de rêves, des petites manches ballons pour s’envoler en inspirant, une jupe bien longue qui m’évoque un royaume perdu dans la neige, ou une petite tâche au milieu du revert des montagnes au printemps, et la rondeur des touches de mousses aux bord du monde.

Et le poids lunaire d’un bel alpaga, pour mieux tourner en volant.

Bref. Une image douce dans laquelle je voyais bien mon Olympe, encore trop petitoune pour se montrer dedans.

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Première robette pour doucette

Commencée à la maternité, petite robe toute douce pour atterrir ici avec ce qu’il faut de légers flons-flons pour tourner en rêve…

robette1 robette2 robette3 robette4 robette5 robette6La construction est limpide, tout coule, les petites torsades du devant donnent un côté très chic renaissance. Ou croqueuse d’oreilles félines (c’est un autre style qui sied aussi à l’oiselle). En tout cas, un très joli modèle encore du livre de Nadia qui ne s’épuise pas (les autres sont encore cachés mais je les dévoilerai vite, quand ils siéront au petit animal d’amour)…

(pour la conjugaison des verbes défectifs, un autre billet encore plus complet suivra…)

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Olympe

Grand envol du petit colibri avec son mystère… Olympe est née le 21 janvier à l’aube, entre la neige de la nuit et le soleil du matin. Arrivée douce comme un ruisseau et cascadante.

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Le Ruisseau

Beaucoup d’eau a passé sous le pont
et aussi énormément de sang
Mais aux pieds de l’amour
coule un grand ruisseau blanc
Et dans les jardins de la lune
où tous les jours c’est ta fête
ce ruisseau chante en dormant
Et cette lune c’est ma tête
où tourne un grand soleil bleu
Et ce soleil c’est tes yeux

Jacques Prévert

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Marple courbe

Terminé en hâte, avec l’attente et l’angoisse mélangée d’un petit né coiffé au poteau. Doudou de peau pour le froid de dehors, la grande sortie pour bientôt.

Lady Marple de Nadia Crétin-Léchenne ici, un merveilleux patron, régal à tricoter, sans coutures pénibles, ce qu’il faut de petites embûches, et Gilliatt le doux le fier le fidèle qui s’y prête à la perfection.

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The peton’s bohem

Vers d’enfant accrochés aux branches vides et nues de janvier, petites mailles douces pour couvrir les pieds allant, en chemin, la marche en petite cadence hivernale…

Ma bohème

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Mon premier est d’Arthur Rimbaud, mon second de Solenn à retrouver ici, mon troisième un hasard et mon quatrième du livre « Rêve de bébé à la droguerie », mon tout est très très doux et chaud (du mérinos magique, un peu de cachemire dans de la laine et de l’alpaga).

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Deux mille tresses

Un petit être nous a rejoint pour Noël avant l’Attendu, un petit être bien chevelu qui m’a valu de belles soirées de douceurs en cachette, de montagnes infranchissables au crochet. Un petit être nommé Pompon par son petit papa inspiré…

 

Belle année à tous, douce et bonne, pleine de joies grandes et petites, de petits et grands êtres aussi, de connaissances et de naissances.

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Envolée

Rien n’est prêt au terrier pour l’envol au dehors de celui du dedans, ce qui occasionne un petit tumulte à la maison.

Cependant, des mailles encolibriées sont tombées du nid des idées, incarnées, prêtes à couvrir le passage à l’air libre du petit oiseau rieur. Je vous avais montré le cardigan, à présent tête et petons auront aussi leur petite douceur à la crème de lait.

Berretto di Colibri :

Calzette di Colibri

Et le tout-prêt :

Pénélope la douce aura bien oeuvré, cette laine me donne envie d’enveloppes chaudes et moelleuses, de saisons exprès pour, d’amour simple.

Et si finalement ces quelques mailles filantes suffisaient à se sentir prêts pour l’envolée ?

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Roudoudous

Pour les câlins du soir et du matin, pour le petit lait et la petite bave de colombe au coin des lèvres, pour l’odeur irremplaçable et l’interdiction d’aller au bain, pour les voyages au-grand-dehors et au-grand-dedans.

Un petit doudou nuage du dernier livre de Chloé Bagate : Poupées et doudous. Un velours de coton bio tout doux. Et deux petites chutes de mousseline de soie trouvées au marché chic des petits vers.

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