Olympe bird day #1

Un mois, c’est le temps qu’il m’a toujours fallu pour fignoler leurs naissances.

* 21 janvier *

Tout était presque près à temps, tenue de fête, poupée à câliner, charlotte aux framboises, fête aux coeurs et en famille.

Un article avalanche pour garder les images de ces moments très doux qui nous ramènent parfois à « la vanité de l’existence », réminiscence du petit baby-blues. Nous passons si vite qu’on se demande parfois pourquoi, posés là, vifs et mous à la fois « sur la planète où j’habite » comme dit Abel, mais « Dieu il n’existe pas pour de vrai, c’est une blague ! ». Et ça n’apaise pas le puits de questions où l’eau vient toujours et forte comme dans une fontaine. Verticale. Jaillissante. C’est comme ça que j’aime à nous imaginer dans la vie, mais ce n’est pas toujours simple, rester droit dedans, et allant.

Beltsy1 Beltsy2 Beltsy3 Beltsy4 Beltsy5Une petite robe d’abord, Beltsy Baby de C’est dimanche, en baptiste grise et grise à cerises France Duval-Stalla, et Petit Pan pour les boutons (merci à Pascale pour avoir tranché sur la couleur, juste parfaite !). Le patron comme toujours avec Alma, très agréable à coudre, raffiné, rond. Le tissu fluide et doux, j’aime vraiment le toucher de la baptiste, son allant, justement. C’est un tissu fait pour le vent, qui épouse et vole élégamment.

Il lui fallait un petit réchaud de mailles, alors j’ai choisi Lila(c)loud (patron gratuit sur Ravelry) de Nadia, tricoté en Lil Wiiiz grise, assortie au tissu (ça c’est vraiment chouette et la qualité est identique à la Guéret de Fonty, agréable à tricoter et à porter, douce et naturelle) :

Lilac1 Lilac2Fleurie3Et la nouvelle poupée, illico adoptée et nommée Fleurie (vous comprendrez pourquoi lors de la séquence érotique)(et aussi en hommage à une ancêtre du papa). Assortie à sa petite mère, mais ballerine, en tutu et cache-coeur issue du livre de Chloé Bagate Poupées et doudous, et petit tricot inspiré du chauffe-coeur des Tricots intemporels d’Astrid Le Provost.

Fleurie1 Fleurie4 Fleurie2La séquence érotique donc : comme je la trouvais maigrelette, ai eu envie de la broder, pour lui donner de la rondeur, un brin de poésie, et de la lecture pour Olympe :

Nue5Nue2Nue6 Nue4Nue3 nue1Inspirée par la belle Liénor du Roman de la rose ou de Guillaume de Dole (Jean Renart), et par Abel qui me dit souvent qu’il se souvient dans son coeur de quand il était bébé.

La broderie, ornements de paroles futiles et suaves, nouvelle voix enrichie de fil doré. J’explore et vous montrerai mes débuts d’avancées.

car aussi com l’en met la graine
es dras por avoir los et pris,
einsi a il chans et sons mis
en cestui Romans de la Rose,
qui est une novele chose
et s’est des autres si divers
et brodez, par lieus, de biaus vers
que vilains nel porroit savoir.
(v. 8-15)

« Car, comme on imprègne de teinture rouge les vêtements pour qu’on les admire et les prise, ainsi a-t-il inséré des chansons et leur musique dans ce Roman de la Rose. C’est une œuvre originale, si différente des autres, si bien tissée çà et là de beaux vers qu’un rustre ne saurait l’apprécier. Romans de la Rose »,

cf. N. A. Jones, « The Uses of Embroidery in the Romances of Jean Renart. Gender, History, Textuality », in Jean Renart and the Art of Romance, edited by N.V. Durling, The University Press of Florida, 1997, p. 13-44.

Et puis quand on a un an, on souffle une bougie, on rêve de marcher au plafond et ça rend jaloux les plus grands, bougie Olympe2 plafond1

 

plafond2Il saut sus, voiant ses genz lors,
si l’acole en sa bele brace :
les biaus oils, le vis et la face
li a plus de c. foiz besiee.
(v. 5 097-5 101)

« Alors, sous les yeux de ses gens, le prince se leva pour aller la serrer dans ses nobles bras : plus de cent fois, il baisa ses beaux yeux, son visage et son front. »

Petits yeux rieurs à baisers papillons, ouverts aux sources colorées.

 

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Ninna nanna

Pour les poupées et doudous de Moïra, lits jumeaux à quatre mains, douillets à souhait, de bric et de broc :

Deux cagettes, des bouts de baguettes anguleuses, un pot de peinture, une belle chute de lin et de toile de jouy, un coupon fleuri et un à carreaux, une pelote de Lima (Drops), des restes de Gilliatt et Pénélope (De Rerum Natura), Noble (Holst Garn), Dolce (di Luce), (que du beau monde), et les rêves sont en chemin, bercés par une mélodie tendre et cruelle à la fois…

lit1 lit2 lit3

Ninna nanna ninna oh, questo bimbo a chi lo dò ? / Dodo l’enfant do, cet enfant à qui le donne-je ?

Découverte du matin, pour préparer la nuit : ici

Doux songes à tous et toutes,

 

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Agnus Dei

Petites choses en cuir d’agneau très souple et glissant comme de la soie, mais d’une douceur grande pour un jour grand aussi, et d’autres petits…

Pour les petits, d’abord, des trousses de nouilles pour y ranger colliers et bracelets, rouge et rose aux bouches des « dames de la crèche » :

pasta1 pasta2 pasta3

 

Puis le grand, un 24 août où la météo nous a fait son ballet des plus tumultueux avec orage coloré et musical, pluie et larmes aux joues de tous, éclaircies ponctuées comme autant de virgules pour inspirer, profondément

Une pochette pour les petites affaires de Lise :

pochette1 pochette2 pochette3 pochette4 pochette5 pochette6 pochette7

Puis pour couvrir le livre de contes, un protège-livret-de-famille assorti à la chemise d’Antonin :

famille1 famille2 famille3 famille5

Des petits tutos verront le jour quand j’aurai retrouvé mes notes, je vais essayer de mettre au clair mes bricoles pour vous y inviter, si cela chante en vous…

(Ici, ça chante ) : « Agnus Dei, qui tollis peccáta mundi, dona nobis pacem. »

Si seulement pour un peu de paix nous n’avions pas à sacrifier la douceur…

 

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Tourniquet galactique

Beaucoup de tours accomplis ;

de magie encore, et d’abord ; de rôle et avec amour ; de piste avec entrain.

Et du lait autour, donné, la douceur qui va avec. Ce petit horizon neigeux pailleté, un peu flou mais qui nous accueille en entier. Complets. Pour un nouveau tour.

La terre continue, le soleil aussi, pour l’instant, de nous abreuver et éclairer. Comme les regards tendres et secrets des nouveaux-nés. N’en demandons pas trop à l’an nouveau, juste la suite. Qu’elle se déroule avec grâce et douceur, toujours.

tour1 tour2 tour3

 

 Le paysage changeur

De deux choses lune
l’autre c’est le soleil
les pauvres les travailleurs ne voient pas ces choses
leur soleil c’est la soif la poussière la sueur le goudron
et s’ils travaillent en plein soleil le travail leur cache le soleil
leur soleil c’est l’insolation
et le clair de lune pour les travailleurs de nuit
c’est la bronchite la pharmacie les emmerdements les ennuis
et quand le travailleur s’endort il est bercé par l’insomnie
et quand son réveil le réveille
il trouve chaque jour devant son lit
la sale gueule du travail
qui ricane qui se fout de lui
alors il se lève
alors il se lave
et puis il sort à moitié éveillé à moitié endormi
il marche dans la rue à moitié éveillée à moitié endormie
et il prend l’autobus
le service ouvrier
et l’autobus le chauffeur le receveur
et tous les travailleurs à moitié réveillés à moitié endormis
traversent le passage figé entre le petit jour et la nuit
le paysage de briques de fenêtres à courants d’air de corridors
le paysage éclipse
le paysage prison
le paysage sans air sans lumière sans rires ni saisons
le paysage glacé des cités ouvrières glacées en plein été comme au cœur de l’hiver
le paysage éteint
le paysage sans rien
le paysage exploité affamé dévoré escamoté
le paysage charbon
le paysage poussière
le paysage cambouis
le paysage mâchefer
le paysage châtré gommé effacé relégué et rejeté dans l’ombre
dans la grande ombre
l’ombre du capital
l’ombre du profit.
Sur ce paysage parfois un astre luit
un seul
le faux soleil
le soleil blême
le soleil couché
le soleil chien du capital
le vieux soleil de cuivre
le vieux soleil clairon
le vieux soleil ciboire
le vieux soleil fistule
le dégoûtant soleil du roi soleil
le soleil d’Austerlitz
le soleil de Verdun
le soleil fétiche
le soleil tricolore et incolore
l’astre des désastres
l’astre de la vacherie
l’astre de la tuerie
l’astre de la connerie
le soleil mort.

Et le paysage à moitié construit à moitié démoli
à moitié réveillé à moitié endormi
s’effondre dans la guerre le malheur et l’oubli
et puis il recommence une fois la guerre finie
il se rebâtit lui-même dans l’ombre
et le capital sourit
mais un jour le vrai soleil viendra
un vrai soleil dur qui réveillera le paysage trop mou
et les travailleurs sortiront
ils verront alors le soleil
le vrai le dur le rouge soleil de la révolution
et ils se compteront
et ils se comprendront
et ils verront leur nombre
et ils regarderont l’ombre
et ils riront
et ils s’avanceront
une dernière fois le capital voudra les empêcher de rire
ils le tueront
et ils l’enterreront dans la terre sous le paysage de misère
et le paysage de misère de profits de poussières et de charbon
ils le brûleront
ils le raseront
et ils en fabriqueront un autre en chantant
un paysage tout nouveau tout beau
un vrai paysage tout vivant
ils feront beaucoup de choses avec le soleil
et même ils changeront l’hiver en printemps.

Jacques Prévert, Paroles

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Petit bond…

…de douceur, légère et joyeuse. Et qui me fait sortir le nez par ici. Sauter un peu hors du train. En marche.

On a le souffle court par la bataille du temps perdu, volé, retrouvé. Mais on va faire des madeleines pour le goûter, calmer tout ça et replonger dans un temps plus infini, (et probablement nappé de chocolat).

C’est un petit kangourou qui a déjà bien fleuri sur les toiles ces dernières saisons : Kira de Lalylala, mais qui n’a pas encore de nom chez nous, elle attend patiemment mardi, la fête d’Olympe.

J’ai eu la chance pour m’aider de recevoir un très joli cadeau de Madlaine : un crochet Amour qui n’en a pas que le nom car j’en suis vraiment tombée. Tellement confortable qu’il se fond presque à la main pour continuer l’épopée en roue libre.

Donc un crochet 2,5, un peu d’alpaga, et voilà dame et demoiselle kangourou prêtes à câliner mon Olympe :

K1 K2 K3 K4 K5 K6Concours en cours pour trouver aussi un petit nom à la bestiole de Madlaine, ici ! J’ai pensé à Proust, retrouver le temps des douceurs et des bonds joyeux.

Bon(d) dimanche, bel Avent, à très vite.

(Et encore des petits bonds… !)

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The godfather

Samedi nous avons baptisé notre Olympe devant la liberté, et dans les bras de ses pleins d’amour parrain et marraine.

parrainmarraine

Pour ce jour, les petites épaules roses et l’automne amenant ses intempéries jolies, j’ai imaginé une capelinette arc-en-ciel avec un doux cadeau de Solenn. Un écheveau de Giliatt et des rayons colorés, une semaine de patience et d’agacement (j’aurais bien rebidouillé la dentelle si le timing avait été moins serré), Arcobalen(O) était née. Une construction rigolote avec un dos qui frôle le châle et amorce des plis-ailes ; des raglans à mi-mots qui enrobent chaleureusement les épaules ; des fronces ajourées en gouttelettes de pluie légères ; et une dentelle à trois rangs, imparfaite mais qui laisse passer la lumière. La taille correspond à un 12-18 mois, un petit peu grand pour ma doucette, mais elle couvrira longtemps.

arc-en-ciel capeline1 capeline2En plein vol, 9 mois (presque) plus tard :

envol2 envol3Remplis d’amour et de douceur, sucrées itou.

Un tiramisù sur mesure, tiramisù pour bébé O, sans oeufs et juste riche ce qu’il faut. J’y ai mis :

Première couche :   Des savoiardi (vrais de vrais boudoirs à l’italienne mais des français vont aussi) trempés dans du jus de pomme. (deux paquets et environ 25-30 cl)

Deuxième couche : compotée de poires à la vanille, 5-6 poires et du sucre non raffiné et de la vanille. Mixé au robot-bébé.

Troisième couche : re-boudoirs

Quatrième couche : 100g de sucre roux fondu dans un peu de crème liquide légère portée à ébullition (environ 6g je crois), 500g de mascarpone battu dedans une fois refroidi.

J’en ai eu pour deux moyens plats (6 parts dans chaque), un soupoudré de cacao pour les grands, un tout blanc pour la petite (elle a partagé). Simplissime et sublissime.

Le deuxième gâteau est aussi une invention, pour les chocolators, base fondant crème de marron chocolat noir (sans matière grasse), milieu compotée de poires la même que plus haut, et tout ça caché par une ganache chocolat crème beurre salé bien chouette. (Si vous voulez la recette je ferai un petit edit.)

 

gâteaux2 Plus tôt, c’était le printemps…table1

Il y a eu aussi un déménagement d’assise, une famille royale avec échange de filleul(e), le sommeil qui gagne du terrain, beaucoup de joie, de rire, de tendresse.

déménageur2

famille royale repos fratrieEt puis un merveilleux cadeau du lendemain, pour lequel j’ai fait la potiche car c’est plus vendeur. Une montagne de bercements pour les rêves et histoires, sculpté par les mains câlines du Godfather xylovirtuose. Et jouer à la poupée dans le même lit…

potiche

 

***

Femme, réveille-toi ! Le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l’usurpation. L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ? Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Dans les siècles de corruption vous n’avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre empire est détruit ; que vous reste-t-il donc ? La conviction des injustices de l’homme. La réclamation de votre patrimoine fondée sur les sages décrets de la nature ! Qu’auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise ? Le bon mot du Législateur des noces de Cana ? Craignez-vous que nos Législateurs français, correcteurs de cette morale, longtemps accrochée aux branches de la politique, mais qui n’est plus de saison, ne vous répètent : « Femmes, qu’y a-t-il de commun entre vous et nous ? » —Tout, auriez vous à répondre. S’ils s’obstinaient, dans leur faiblesse, à mettre cette inconséquence en contradiction avec leurs principes ; opposez courageusement la force de la raison aux vaines prétentions de supériorité ; réunissez-vous sous les étendards de la philosophie ; déployez toute l’énergie de votre caractère, et vous verrez bientôt ces orgueilleux, non serviles adorateurs rampants à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l’Être Suprême. Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous n’avez qu’à le vouloir.
 
Olympe de Gouges, in Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791
 
olympes_de_gouges
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Le loup, la biche et le chevalier

Juste un signe. Un petit chardon des prés qui traîne ses pics clopin-clopant depuis l’été. Un peu comme la biche (on dirait que je serais la biche) dedans.

… Oh le joli conte que voilà, la biche en femme se changea, lalalala …

C’est une bien jolie jupette qui a longtemps voleté en rêve, et petit pas petit pas a pu couvrir le haut des gambettes pour les tout derniers jours de l’été. Très légère et très douce, avec ses grandes poches à trésors pour les mains moites des rencontres.

biche1 biche2 patron Chardon de Deer and Doe, chambray ciel qui va avec, en coton bio très doux, petit faon rieur, chevalier sans casque sur cheval unijambiste, louve des steppes.

Juste un signe car ça va vite en ce moment, mais je reste là, de loin en loin.

Bel automne et couleurs aux joues, au vent et sous les arbres,

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Dentellière

Pour réchauffer les épaules légères et fraîches des soirs d’été, avec grâce. Un petit cardigan dentelé douillet, et brillant :

dentelle1 dentelle2 dentelle3Dentelle pour demoiselle, de Nadia, in Layette . En Pénélope, jus de cerise, bien mures !

Olympe a pu labourer le sol d’août auvergnat jusqu’à la tombée de la nuit, ventre à terre au chaud, là où. Puis en rêver encore, une fois de retour.

dentelle4 dentelle5

Belle et douce semaine à tous.

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Jour

Un matin tout neuf, la lumière se faufile parmi les passants, affairés à aller bien droit, vers leur surlendemains déjà plus imaginaires :

Il y a des jours où il faut finir par rentrer,

mais reste toujours aux yeux et derrière un goût de voyage, une amertume suave et abondante ;

Une escale dans la croissance des pouces, des majeurs aussi.

On a pris du retard, mais on est là, vivants encore, et bien

en rafale d’espérances toutes fraîches et presque roséeuses.

 

Un peu plus tôt, ici et là, dans un espace aéré, nous déambulions, buts incertains mais en lignes courbes à mirer à l’horizon :

tarte béguin1 balançoire lune tétééétéhistoire

Et puis aussi des petits feux très doux qui s’éteignent à l’aube traînassante, des vers dans leurs poches avant qu’ils n’entrent plus profond :

 La foudre
 
Il a plu, cette nuit.
Le chemin a l’odeur de l’herbe mouillée,
Puis, à nouveau, la main de la chaleur
Sur notre épaule, comme
Pour dire que le temps ne va rien nous prendre.Mais là,
Où le champ vient buter contre l’amandier,
Vois, un fauve a bondi
D’hier à aujourd’hui à travers les feuilles.Et nous nous arrêtons, c’est hors du monde,

Et je viens près de toi,
J’achève de t’arracher du tronc noirci,
Branche, été foudroyé
De quoi la sève d’hier, divine encore, coule.

***

Une pierre
 
Plus de chemins pour nous, rien que l’herbe haute,
Plus de passage à gué, rien que la boue,
Plus de lit préparé, rien que l’étreinte
A travers nous des ombres et des pierres.
Mais claire cette nuit
Comme nous désirions que fût notre mort.
Elle blanchit les arbres, ils s’élargissent.
Leur feuillage : du sable, puis de l’écume.
Même au-delà du temps le jour se lève.
 
Yves Bonnefoy
 

Enfin, il y a ce jour, celui du poème

Et l’on rentre :

rentrée1 rentrée2 rentrée3 rentrée4

Belle rentrée à tous, beaux pas allants, joyeuses découvertes. Belles faim et soif, surtout.

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Artichaut des champs

A poursuivre des lièvres blancs par bois et par champs, j’ai pris un sacré petit retard dans le show des bricoles (mais les mimines elles, ont de l’avance, et pas que dans les fils et étoffes…).

Projets à foison, premiers beaux jours, première crève de l’année aussi, et pour toute la famille, sauf Olympe qui slalome tranquillou entre les miasmes des Pénates. Peut-être que d’être si bien couverte…

Un nouvel artichaut, donc ! Rose et léger, pour l’été, s’il veut bien…

artipré1 artipré2 artipré3 artipré3bis artipré4 artipré5 artipré6En Holst Garn Coast de chez Gwenola K., coloris fairy, très chouette fil, bien doux, facile.

Que vos dos se tournent aussi aux intempéries ! Bel été à tous et à tout vite pour la suite du retard (on va faire des lots, esprit de fin d’année, kermesse etc.)

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